Chapitre 8 – Performance et plaisir sont-ils incompatibles en enseignement de l’éducation physique et à la santé?
Jonathan Chevrier et Xavier Roy
Contenu du chapitre
1. Performance et plaisir?
La performance et le plaisir? Vraiment? Depuis quelques années, il est admis que mettre l’accent sur la performance dans les cours d’éducation physique est néfaste pour l’engagement des élèves, puisque ces derniers ont plutôt tendance à éviter la compétition. Par conséquent, la performance liée aux sports de haut niveau peut aussi devenir effrayante, car elle est inaccessible et risque d’engendrer des inégalités et de l’exclusion. Confronté à ses limites et à la possibilité d’échouer, l’élève peut vivre ce moment difficilement lorsqu’une enseignante ou un enseignant attend de lui une performance exigeante, difficilement atteignable et principalement définie par une approche comparative. De ce fait, la performance aurait été petit à petit diabolisée dans les cours d’éducation physique et évacuée de l’espace d’enseignement. Était-ce justifié? Est-ce que c’est la performance liée à l’activité motrice qui a un effet négatif sur le plaisir vécu ou plutôt la performance obtenue dans un climat motivationnel orienté vers des buts de performance (voir la contribution de Girard et al. dans cet ouvrage)? Il est temps de réaliser une importante distinction.
1.2 Clarification de concepts
Pour bien camper l’idée de performance et le lien qu’elle entretient avec la compétition, il nous faut d’abord clarifier les notions d’activité motrice, de performance, de résultat et de compétition pour ensuite énoncer quelques distinctions et situer le rôle de la personne enseignante d’EPS dans le gymnase en ce qui concerne la performance des élèves.
Dans le gymnase et dans l’environnement de l’éducation physique, l’activité motrice constitue l’ensemble des processus cognitifs et des mouvements que l’élève déploie pour accomplir une tâche motrice. Pendant et après le déroulement de la tâche, l’activité motrice de l’élève produit des résultats visibles.
Ces résultats sont le produit de l’activité motrice de l’élève et représentent la part observable. Lorsque les résultats sont perçus, mesurés et évalués par la personne pratiquante, les pairs ou la personne enseignante, ils deviennent une performance. Notons ici qu’il est question d’une évaluation qui peut être, mais qui n’est pas nécessairement sommative et mener à la notation. Il peut s’agir d’une évaluation pour situer un niveau d’habileté, sans nécessairement le comparer à une norme ni porter de jugement. La performance est donc définie comme le résultat obtenu par une personne pratiquante lors de l’accomplissement d’une tâche donnée, et perçu, mesuré et évalué par elle ou par un observateur ou une observatrice externe. Par conséquent, le terme performance doit être utilisé d’une manière très spécifique car tant que l’évaluation n’est pas accomplie, il n’est pas question de performance, mais uniquement de résultat. C’est parfois dans cette distinction entre le résultat (produit de l’activité, niveau de performance) et la performance (accomplissement de la tâche) qu’il peut y avoir un enjeu pour l’élève et la personne enseignante d’EPS. Rappelons que dans la perspective du Programme de formation de l’école québécoise (PFEQ), la performance demeure l’aboutissement du pouvoir d’agir qui permet de développer, consolider et parfois maîtriser des objets de savoir liés aux trois compétences disciplinaires.
Il est aussi important de distinguer la performance sportive de la performance motrice de l’élève dans le contexte des cours d’éducation physique et à la santé. La performance sportive peut être considérée comme une sous-catégorie de la performance motrice : elle est une performance motrice réalisée dans une situation de compétition. En ce sens, Martens (2012) mentionne que « la compétition est un processus dans lequel la comparaison d’une performance individuelle est faite avec un standard quelconque en présence d’au moins une autre personne qui est consciente du critère de comparaison et peut évaluer le résultat de la comparaison » (p. 14). Toujours selon Martens, la compétition est une situation d’accomplissement social, et trois critères définissent cette situation. Premièrement, la performance est évaluée en comparaison avec un standard d’excellence qui correspond à une norme de performance mesurable que l’on cherche à atteindre ou à dépasser et qui est valorisée par la société (ex. standards de vitesse pour être sélectionné pour faire partie d’une équipe du Québec en athlétisme ou nombre de championnats remportés par une équipe dans le cadre des sports collectifs). Par exemple, la performance dans un sport collectif est plus nuancée que dans des sports où elle est mesurée en centimètres (lancer du javelot), en kilogrammes (épaulé-jeté en haltérophilie) ou en secondes (course de 100 mètres). Ainsi, on peut consulter la fiche de l’équipe sur plusieurs années, le pourcentage de victoires, le nombre de championnats remportés sur une période donnée, l’impact qu’elle a sur le sport ou comment les autres équipes tentent d’imiter ce que cette équipe fait. Des exemples peuvent inclure l’équipe de football du Rouge & Or de l’Université Laval, les All Blacks de la Nouvelle-Zélande en rugby, le club Manchester United en soccer et les Warriors de Golden State en basketball. Deuxièmement, la performance de l’individu est évaluée par rapport à ce standard. Troisièmement, l’élève est incertain d’atteindre le standard au départ de l’activité motrice et il est conscient de cette évaluation et de cette comparaison. Toutefois, les situations d’accomplissement ne sont pas nécessairement des situations compétitives, puisqu’une compétition est réalisée en présence d’au moins une autre personne, ce qui en fait une situation d’accomplissement social. Il est habituellement admis que l’autre personne indispensable à la compétition est le concurrent ou l’adversaire. Par exemple, dans une compétition de sprint sur 100 mètres, les concurrents servent à la fois de standard de performance et de personnes extérieures qui créent la situation sociale. En revanche, il est possible de faire fi de cette manière de penser la compétition et la performance comme le fait Martens. Pour lui, seule la présence d’une personne évaluatrice qui est consciente des buts de la personne pratiquante et qui évalue le résultat à la lumière de ces buts compte. Cette personne évaluatrice peut être l’élève lui-même ou seulement la personne enseignante Ce ne serait donc pas la présence d’un concurrent ou d’une concurrente qui caractériserait la compétition, mais la présence d’un ou d’une juge ou d’une personne évaluatrice. Par exemple, cette situation s’applique à un sauteur en hauteur qui participe aux Jeux olympiques et qui continue le concours après que tous les concurrents sont éliminés à condition que les spectateurs et les jugent demeurent dans une situation évaluative. Il y a aussi le cas d’un coureur de 10 kilomètres qui tente de terminer son parcours en dessous d’un temps donné. Il se place dans une situation de compétition si d’autres coureurs, amis et membres de la famille connaissent son but et peuvent juger de la réussite ou de l’échec de sa performance. Si personne ne sait ce que ce coureur veut réaliser, il ne sera pas en situation de compétition, même si beaucoup de spectateurs et d’amis sont présents pour observer sa performance. Le cycliste, le golfeur, le coureur, le volleyeur et d’autres qui se fixent des objectifs personnels sont des pratiquants en situation d’accomplissement s’ils évaluent leur performance en fonction de standards personnels. Cependant, ces pratiquants ne seront pas en situation de compétition tant que d’autres personnes ne seront pas conscientes de leurs objectifs ni capables d’évaluer leur performance. Donc, il ne s’agit pas d’une situation compétitive et celle-ci peut devenir beaucoup moins stressante en soi et protéger l’individu contre deux aspects inhérents à la compétition qui peuvent blesser émotionnellement, voire traumatiser les individus et notamment les élèves, soit 1) la comparaison sociale et 2) l’inégalité des récompenses.
Lorsqu’il est question d’accomplissement, de comparaison et d’inégalité dans la pratique d’activités physiques et sportives, le concept de motivation n’est pas très loin, et il devient essentiel d’en comprendre les effets dans les situations d’accomplissement des élèves. Pour ce faire, il est fondamental de poursuivre l’exposé de la définition du mot compétition. En situation de compétition, le standard d’excellence que s’efforce de dépasser une personne pratiquante n’est pas n’importe lequel. Il est en rapport avec la performance réalisée par l’autre ou par les autres. La compétition implique plus que la comparaison de la performance à un simple standard; elle est dirigée vers un but, à savoir celui de réaliser non pas une performance supérieure à un standard quelconque, mais une performance supérieure à celles des autres. Dans la situation de compétition, l’objectif est d’être supérieur aux autres. La performance d’une pratiquante ou d’un pratiquant n’a de sens que si elle implique un processus de comparaison sociale. Donc, les personnes participantes se retrouvent dans une situation de compétition qui représente une situation de comparaison forcée (Famose, 1993) dans le sens qu’elles reçoivent de l’information sur les performances de leurs concurrents; information qui les incite à la comparaison. La personne enseignante d’EPS doit alors trouver des situations d’apprentissages et d’évaluation (SAE) qui permettent de réaliser des performances sans l’aspect de comparaison initié par la compétition. La comparaison sociale est prégnante à tout moment et mise en avant , car le système compétitif d’évaluation sollicite l’intérêt des pratiquants à comparer leur propre performance à celles des autres. La performance sportive est donc le produit évalué de l’activité motrice dans un contexte institutionnalisé de comparaison sociale. Mais si la comparaison sociale est nécessaire, elle n’est pas un critère suffisant pour définir la performance sportive.
Une autre caractéristique de la compétition est qu’elle se situe à l’opposé de la coopération. Lors d’une compétition, les récompenses sont distribuées de manière inégale. Elles sont limitées et seulement les meilleurs, ceux qui ont réalisé les meilleures performances, sont récompensés. C’est le cas des activités sportives compétitives avec un classement dans la saison à la suite de l’accumulation de points menant à un championnat qui permettra de déterminer l’équipe championne de la saison. Une structure compétitive se traduit donc par une situation d’interdépendance négative entre les pratiquants. Leurs gains ou leurs récompenses sont négativement reliés. La possibilité ou l’opportunité pour une personne ou une équipe pratiquante d’atteindre un but ou une récompense est réduite lorsque les autres réussissent. La compétition crée des vainqueurs et des perdants, puisque seuls quelques-uns peuvent vaincre. En effet, dans une situation de compétition, un individu ou une équipe peut atteindre son propre but uniquement si les autres participants ne peuvent pas atteindre les leurs (Johnson et al., 1981). À l’inverse, dans la coopération, tous sont égaux vis-à-vis des récompenses.
Toutefois, il faut tout de même nuancer quelques points qui peuvent apparaître contradictoires. La compétition n’est pas seulement l’opposé de la coopération. Rappelons que de nombreux sports de compétition impliquent de la coopération. Celle-ci existe dans les sports collectifs quand les joueurs agissent ensemble au sein de l’équipe, mais la compétition existe alors contre l’équipe adverse. Aussi, dans les activités de duel (tennis, escrime, etc.), les deux individus qui s’affrontent ne sont pas forcément en compétition, mais parfois en coopération lorsqu’ils respectent des règles mutuelles, des attitudes et des conventions fixées ensemble. Dans un contexte d’EPS, ils peuvent coopérer en posant à l’autre des défis qui lui permettent d’atteindre des performances optimales (lui envoyer une balle plus facile pour favoriser les échanges). Or, dans ce cas, les individus ne sont plus en compétition; ils coopèrent. Il s’agit alors d’une performance motrice, pas d’une performance sportive. Bref, la performance sportive est une performance motrice réalisée dans un contexte compétitif institutionnalisé de comparaison sociale impliquant une inégalité dans la répartition des récompenses. C’est pour cette raison que la coopération est à privilégier dans un contexte d’EPS.
C’est ici qu’une distinction très importante dans le contexte de l’enseignement de l’éducation physique et à la santé doit être faite. C’est vers cette distinction que la personne enseignante doit mener les élèves. Enseigner cette distinction doit mener au développement d’une compétence qui est d’abord l’observation d’une activité motrice et d’un résultat. Cette compétence se développe grâce aux performances. Sachant cela, la personne enseignante d’EPS peut alors planifier et diriger des SEA orientées vers la coopération (compétence Interagir) qui permettront aux élèves de réaliser des performances sans tous les effets néfastes de la compétition et qui mettent de l’avant les effets positifs d’une performance réussie. Pour ce faire, il peut compter sur différentes approches pédagogiques.
Exercice 1
1.3 Quand la recherche de performance nourrit le plaisir : différentes approches pédagogiques
Ainsi, afin de jumeler plaisir et performance, il incombe à l’enseignante ou à l’enseignant de trouver une manière de concevoir des activités pédagogiques qui sont engageantes, autant sur les plans physique que cognitif, qui sont inspirantes et qui permettent aux élèves de développer les aspects social et affectif en lien avec leur pratique d’activité physique. De plus, afin d’augmenter la motivation à apprendre et à réaliser la performance proposée, il est tout à fait pertinent de mettre en place des moyens pour répondre aux besoins psychologiques de base des élèves, à savoir les besoins d’autonomie, de compétence et d’appartenance (Deci et Ryan, 2000; voir la contribution de Girard et al. dans cet ouvrage).
Pour y parvenir, l’enseignante ou l’enseignant peut décider d’adopter (a) une approche techniciste axée sur la répétition et le perfectionnement d’un modèle technique préétabli; (b) une approche holistique par le jeu axée sur la simplification et sur la modification des paramètres d’une situation d’apprentissage; ou (c) une approche mixte. Nous proposons également que les approches utilisées le soient dans une perspective de ludification. Par exemple, dans des activités de développement physique où l’exécution du modèle technique est d’une grande importance, la personne enseignante peut placer les élèves dans un narratif où leur attention sera dirigée vers l’exécution d’épreuves plutôt que vers la réalisation pure et simple de mouvements comme le soulevé de terre. Pour la personne enseignante, adopter une approche mixte, axée notamment sur le développement athlétique, facilite la mise en place des situations d’apprentissages en EPS qui combinent à la fois plaisir et performance. Quant au développement athlétique, il consiste à réaliser une multitude d’activités motrices nécessitant différents niveaux d’agilité, d’équilibre, de coordination, de force, de puissance, de vitesse et d’endurance avec précision et confiance dans une variété de contextes d’apprentissage. Inspirée de l’approche centrée sur l’apprenant proposée par Kidman (2011), l’approche mixte peut permettre de répondre au besoin d’appartenance en créant une culture d’équipe. En fait, il est important de concevoir une séance dans laquelle les paramètres du plaisir et de la performance sont réfléchis et agencés. Pour ce faire, il est suggéré de prendre en considération les éléments de la figure 1 lors de la planification de la ou des séances. De cette manière, la personne enseignante s’assure de planifier un environnement scolaire invitant et sécuritaire, un cursus bien conçu et stimulant et des approches pédagogiques inspirantes qui contribuent à rehausser l’expérience scolaire globale des élèves en améliorant leur qualité de vie ainsi que leur bienêtre général (voir la contribution de Desbiens et Larrivière dans cet ouvrage). En considérant ces éléments, les probabilités de faire ressentir du plaisir aux élèves augmentent considérablement.

Afin d’illustrer les approches pédagogiques, voici l’exemple d’une activité pédagogique composée de plusieurs tâches qui permettent de placer la performance et le plaisir au cœur du développement physique des élèves.
2. Scénario pédagogique : l’activité de la ferme Beaulieu – performance, effort et plaisir
L’activité proposée est une séance de développement physique ludique qui s’adresse aux élèves du primaire (1er, 2e ou 3e cycles). Pour créer une expérience collaborative où la compétition ne se fait pas entre les membres de la classe, l’enseignante ou l’enseignant (que nous nommerons le chef maraîcher) place d’abord les élèves en contexte. Ceux-ci sont des travailleurs de la ferme de M. Beaulieu (classe A), contrairement aux élèves de l’autre classe (classe B) qui travaillent à la ferme de Mme Bacon. M. Beaulieu a du travail pour eux, et ils devront réaliser ce travail pour gagner leur paie et tenter d’amasser plus d’argent que les employés de la ferme de Mme Bacon.
Pour ce faire, les élèves de la ferme de M. Beaulieu devront réaliser plusieurs tâches. Il est possible d’adapter l’activité pour des élèves du secondaire en conservant les principes qui seront décrits dans les prochains paragraphes.
Tâche 1. Cueillir des légumes (échauffement)
a) Organisation
Le chef maraîcher place quatre convoyeurs à légumes dans le gymnase (un banc suédois aux quatre coins du gymnase).
Au centre du gymnase, le potager est rempli de légumes (poches de sable, balles de tennis, ballons ou tout autre objet se transportant facilement) et entouré de plots afin de le délimiter et de retenir les objets roulants. Les élèves sont disposés en 4 équipes de cueilleurs de légumes et vont se positionner auprès de leur convoyeur respectif afin d’écouter les consignes du chef maraicher (la personne enseignante).
Consignes données par le chef maraîcher (personne enseignante) :
Les cueilleurs (élèves), vous devez quitter votre convoyeur (banc suédois) à mon signal et aller cueillir avec une main un seul légume à la fois dans le potager. Il est interdit de lancer le légume ou de le faire rouler, car cela pourrait l’abimer. Une fois cueilli, vous devez ramener votre légume sur le convoyeur. Vous devez vous déplacer selon les mouvements que je dicterai. (Vérifiez si les consignes sont claires en posant quelques questions aux cueilleurs.)
La personne enseignante peut démarrer son chronomètre et changer les mouvements chaque 30 secondes. La progression des mouvements suggérée est la suivante. Elle peut être adaptée selon le jugement de la personne enseignante :
| 1. Marche rapide (30 s.)
2. Jogging lent (30 s.) 3. Jogging rapide (30 s.) 4. Course (30 s.) 5. Un pas et une flexion sur jambes (squat) (30 s.) |
6. Fentes avant alternées (30 s.)
7. Fentes latérales alternées (30 s.) 8. Sauts avec pied droit (30 s.) 9. Sauts avec pied gauche (30 s.) 10. Sauts avec les deux pieds joints (30 s.) |
b) Déroulement de la tâche
- Une fois les consignes données, le chef maraîcher peut donner le signal de départ. Après quelques secondes, il n’y aura plus de légumes dans le potager. À ce moment, le chef maraicher ordonnera aux élèves de cesser de bouger et d’écouter attentivement.
- Le chef maraîcher mentionnera que, dorénavant, les équipes pourront aller dérober des légumes sur les convoyeurs des autres, mais en respectant les consignes du chef maraîcher pour se déplacer. Ainsi, l’échauffement continuera jusqu’à ce que les 10 mouvements proposés aient été exécutés, et le chef maraîcher interviendra sur la qualité des mouvements réalisés par les élèves.
- Lorsque l’échauffement sera terminé (durée approximative de 8 minutes), le chef maraîcher félicitera les cueilleurs pour leur récolte de légumes.
c) Les visées de cette tâche
- Performance : Il s’agit ici d’une performance motrice spécifique à l’exécution d’une tâche motrice (efficacité du geste) et elle ne nécessite pas de compétition.
- Approche : L’approche techniciste est mise de l’avant dans cette tâche afin de permettre aux élèves de s’échauffer adéquatement et de réaliser des mouvements de développement physique selon un modèle technique établi par l’enseignant.
- Vers le plaisir : Cette tâche est rendue ludique par le scénario, et la compétition est réorientée : il ne s’agit plus de mettre les élèves de la classe en compétition les uns contre les autres, mais bien de leur faire accumuler collectivement des points (argent). Évidemment, la personne enseignante pourra, si elle le souhaite, comparer le nombre de points obtenus par chacune des classes. Cette collaboration demandée aux élèves renforce le sentiment d’appartenance au groupe-classe.
Tâche 2. Labourer les champs avec le bœuf et la charrue (développement du système anaérobie alactique)
a) Organisation
Le chef maraîcher organise des équipes de trois cueilleurs et les positionne où il sera où il sera possible de parcourir la plus longue distance durant une période d’environ 20 secondes (il peut s’agir d’un aller-retour d’un mur à l’autre). Pour cette tâche, les trois cueilleurs de l’équipe auront différents rôles à jouer : 1) le bœuf; 2) le cueilleur-charrue; et 3) le cueilleur en attente. Ils devront utiliser le matériel suivant : a) deux bâtons de bois (style manches à balai), deux pastilles glissantes (style « glider » ou bien une simple serviette sur le plancher).
Consignes données par le chef maraîcher (personne enseignante) :
Les cueilleurs, il est maintenant le temps de labourer les champs pour semer de nouveaux légumes. Pour ce faire, nous allons utiliser les bœufs et les charrues et nous devrons nous dépêcher avant que le soleil de midi n’arrive, car la chaleur deviendra insupportable pour travailler. Pour débuter, le cueilleur-charrue place son pied droit sur une pastille et son pied gauche sur une autre pastille. Il prendra dans sa main droite un bâton et dans sa main gauche, un autre bâton. Ceux-ci seront tous deux orientés vers l’avant afin que le bœuf (un élève qui joue ce rôle) puisse prendre les bâtons en regardant vers l’avant. Donc, le cueilleur-charrue regarde le dos du bœuf qui est devant lui.
Le bœuf devra prendre un bâton dans chaque main et au signal du chef maraîcher, il devra parcourir le plus rapidement possible la distance donnée pour labourer le champ (la personne enseignante doit prévoir la distance pour que l’effort dure environ 20 secondes. Il s’agit d’un effort quasi maximal se situant dans le système anaérobie alactique). Si vous arrivez à labourer le champ en moins de 20 secondes, l’équipe recevra deux légumes (la personne enseignante donne deux poches de sable (légumes) aux équipes qui réussissent). Si vous labourez le champ en plus de 20 secondes, vous recevrez un légume. Après la période de labourage, nous compterons le nombre de légumes obtenus pour déterminer le montant de la paye que vous recevrez à la fin de la journée de travail . 
b) Déroulement de la tâche
- Une dizaine d’équipes prennent le départ au signal du chef maraîcher derrière une ligne prédéterminée dans le gymnase pour cette course du bœuf et la charrue. Le cueilleur-charrue devra adopter et maintenir une position de squat en tenant les bâtons pour éviter de chuter et se laisser glisser derrière le bœuf. (Cette partie est très amusante pour les élèves.)
- Les équipes qui réussiront la distance en moins de 20 secondes recevront deux légumes; les autres, un. Il faut que la personne enseignante ait un panier rempli de légumes pour les distribuer après la course.
- À la fin de l’activité, le chef maraîcher pourra comptabiliser les légumes afin de les convertir en argent recueilli. Le tableau ci-dessous présente un exemple dans lequel l’enseignant peut attribuer les montants désirés au nombre de légumes et trouver le système de paye le plus approprié au contexte.
Salaire en fonction des légumes recueillis Nombre de légumes Paye 1 5 $ 2 10 $ 5 25 $ 10 50 $ Pendant la course, un cueilleur est en attente pendant l’effort du cueilleur-charrue et du bœuf. Après un passage, les rôles changent, et celui qui était au repos devient le cueilleur-charrue, le cueilleur-charrue devient le bœuf et le bœuf se place au repos.
- Il est suggéré d’effectuer trois passages. Le chef maraîcher peut ajuster la charge d’entraînement (répétitions, temps de repos, temps d’effort) en fonction des capacités des élèves et de l’objectif prédéterminé.
c) Les visées de cette tâche
- Performance : Il s’agit ici d’une performance motrice spécifique à l’exécution d’une tâche motrice (sprint linéaire avec surcharge) et elle ne nécessite pas de compétition. L’intensité de l’effort est maximale.
- Approche : L’approche mixte est mise de l’avant dans cette tâche, puisque l’on transforme un sprint en surcharge d’une durée d’environ 20 secondes (développement de la capacité anaérobie alactique) en un jeu où chaque équipe doit réaliser la tâche le plus rapidement possible. Les élèves, collectivement, doivent amasser le plus de légumes possibles en échange de points (argent).
- Vers le plaisir : L’intensité de cette tâche est très élevée et maximale pour certains élèves. La nouveauté de l’activité et l’ambiance générée par le scénario procurent du plaisir. De plus, le besoin de compétence est mis de l’avant puisque l’enseignant place tous les élèves en situation de réussite, tout en maintenant un certain niveau de difficulté pour y arriver.
Tâche 3. Labourer les champs avec l’âne têtu (développement du système anaérobie lactique)
a) Organisation
Le chef maraîcher organise des équipes de trois cueilleurs et les positionnent à un endroit dans le gymnase où il sera possible de parcourir la plus longue distance durant une période d’environ 30 secondes (il peut s’agir d’un aller-retour d’un mur à l’autre). La distance sera plus courte que la distance utilisée lors de la tâche 2.
Pour cette tâche, les trois cueilleurs de l’équipe auront différents rôles à jouer : 1) l’âne; 2) le cueilleur-charrue; et 3) le cueilleur en attente. Ils devront utiliser le matériel suivant : a) deux bâtons de bois (style manches à balais), deux pastilles glissantes (style glider ou bien de simples serviettes déposées sur le plancher).
Consignes données par le chef maraîcher (personne enseignante) :
Les cueilleurs, il est maintenant le temps de labourer les champs pour recueillir des fruits. Toutefois, les bœufs doivent retourner à l’étable et nous devrons labourer avec les ânes puisqu’il fait plus chaud. Pour ce faire, nous devrons aller chercher les ânes têtus et les mener au champ. Malheureusement pour vous, les ânes ne veulent pas vraiment aller au champ. Vous devrez donc les tirer jusque-là.
Pour débuter, l’âne place son pied droit sur une pastille et son pied gauche sur une autre pastille. Il prendra dans sa main droite un bâton, et dans sa main gauche un autre bâton. Ceux-ci seront tous deux orientés vers l’avant afin que le cueilleur (un élève qui joue ce rôle) puisse prendre les bâtons en regardant vers l’avant.
Donc, le cueilleur et l’âne sont face à face. Le cueilleur devra prendre un bâton dans chaque main et, au signal du chef maraîcher, il devra parcourir le plus rapidement possible la distance donnée pour amener l’âne (l’enseignante ou l’enseignant doit prévoir la distance pour que l’effort dure environ 30 secondes; il s’agit d’un effort quasi maximal se situant dans le système anaérobie lactique). Le cueilleur sera dans une position basse pour reculer rapidement en tirant l’âne. Si vous arrivez à emmener l’âne au champ en moins de 30 secondes, votre équipe recevra deux fruits (l’enseignante ou l’enseignant donne deux poches de sable (fruits) aux équipes qui réussissent). Si vous labourez le champ en plus de 30 secondes, vous recevrez un fruit. À la fin de la tâche, nous compterons le nombre de fruits recueillis pour déterminer le montant de la paye que vous recevrez à la fin de la journée de travail .

b) Déroulement de la tâche
- Une dizaine d’équipes démarrent au signal du chef maraicher derrière une ligne prédéterminée dans le gymnase pour cette course du cueilleur et de l’âne. Ce dernier devra prendre et maintenir une position de squat en tenant les bâtons pour éviter de chuter et devra se laisser glisser pendant que le cueilleur va le tirer en se déplaçant de reculons. (Cette partie est très amusante pour les élèves.)
- Les équipes qui réussiront la distance en moins de 30 secondes recevront deux fruits; les autres, un. Il faut que l’enseignante ou l’enseignant ait un panier rempli de fruits pour pouvoir les distribuer après la course.
- À la fin de l’activité, le chef maraicher pourra comptabiliser les fruits afin de les convertir en argent recueilli. Ci-dessous, un exemple de tableau pouvant être utile pour effectuer cette tâche.
Salaire en fonction des légumes recueillis Nombre de légumes Paye 1 10 $ 2 20 $ 5 50 $ 10 100 $ - Pendant la course, le deuxième cueilleur est en attente pendant l’effort du premier cueilleur et de l’âne. Après un passage/une répétition, les rôles changent, et le deuxième cueilleur qui était au repos devient le premier cueilleur. Quant au premier le cueilleur, il devient l’âne, et la personne qui jouait le rôle de l’âne se place au repos.
- Il est suggéré d’effectuer trois passages. Le chef maraîcher peut ajuster la charge d’entrainement (répétitions, temps de repos, temps d’effort) en fonction des capacités des élèves.
c) Les visées de cette tâche
- Performance : Il s’agit ici d’une performance motrice spécifique à l’exécution d’une tâche motrice (sprint linéaire vers l’arrière avec surcharge) et elle ne nécessite pas de compétition. L’intensité de l’effort est maximale.
- Approche : L’approche mixte est mise de l’avant dans cette tâche, puisque l’on transforme un sprint arrière en surcharge d’une durée d’environ 30 secondes (développement de la capacité anaérobie lactique) en un jeu où chaque équipe doit réaliser la tâche le plus rapidement possible. Les élèves, collectivement, doivent amasser le plus de fruits possible en échange de points (argent).
- Vers le plaisir : Les éléments liés au plaisir sont sensiblement les mêmes que lors de la dernière tâche. Il s’agit ici de développer davantage la chaine musculaire postérieure en tirant l’âne vers l’arrière. Ultérieurement à cette tâche, l’enseignant peut décider de compter l’argent obtenu et aussi vérifier si un autre groupe en a gagné plus. Il peut ainsi élaborer une SAE complète où l’objectif commun de la classe serait d’amasser plus de points que l’autre classe pour être la ferme ayant réalisé le plus de profits. L’activité culminante, lors du dernier cours de la SAE, pourrait être un marché où les élèves seraient en mesure d’acheter de vrais fruits et légumes pour faire des smoothies, et l’enseignant pourrait, par la même occasion, en profiter pour réaliser une capsule santé sur la nutrition et la cuisine.
Tâche 4. Les abeilles à la rescousse (développement de la vitesse et de la force de la ceinture lombaire et abdominale)
a) Organisation
Le chef maraîcher organise les élèves (n = 24) pour leur donner de nouveaux rôles (abeilles, fleurs et feuilles) et doit s’assurer d’avoir en sa possession 32 balles de tennis ou poches de sable (unités de pollen). Les élèves (n = 4) qui jouent le rôle d’une feuille doivent adopter une position de planche abdominale (avant-bras et pointe des pieds au sol)

Les élèves (n = 16) qui jouent le rôle d’une fleur se placent en position de planche inversée (fessiers au sol, jambes surélevées et tronc surélevé) et prennent une balle (une unité de pollen dans le jeu) dans chaque main.

Ainsi, chaque élève en position de fleur a deux pollens. Les élèves (n = 4) qui jouent le rôle d’une abeille doivent se déplacer rapidement pour aller cueillir une unité de pollen à la fois, puis aller la déposer sous une feuille. La mission des abeilles est terminée lorsque tout le pollen est recueilli.
C’est à ce moment que les feuilles et les fleurs peuvent se détendre. Le chef maraîcher peut ensuite guider les élèves et leur demander de tenir d’autres rôles. Il peut donner un temps limité pour recueillir le pollen, ou bien calculer le temps nécessaire pour recueillir le pollen afin de bien ajuster la durée liée à l’effort (30 à 60 secondes de temps de tension pour les planches abdominales et lombaires selon le niveau des élèves). Après l’explication des rôles, il disperse les élèves dans le gymnase entier et distribue le matériel.
Consignes données par le chef maraîcher (personne enseignante) :
Oh la la! Une tempête s’annonce et les abeilles doivent absolument récolter le pollen et le placer à l’abri avant la pluie! C’est urgent : et cela doit être fait rapidement! Nous allons nous déplacer dans le champ maintenant. Olivia, Alexis, Océane et Mia, vous êtes les abeilles qui allez devoir cueillir le pollen qui se trouve sur les fleurs et vous devrez aller le déposer sous les feuilles Édouard, Gabrielle, Erika et Charles qui sont placées en position de planche frontale. Les feuilles protègent le pollen contre la pluie! Les autres élèves, vous êtes des fleurs en position de planche inversée et vous tenez une unité de pollen dans chaque main. Les feuilles et les fleurs, vous devez maintenir votre position jusqu’à ce que les abeilles aient récolté tout le pollen. Les feuilles sont positionnées aux quatre coins du champ (gymnase) et les fleurs sont dispersées partout dans le champ. Allez les abeilles, il est temps de vous dépêcher pour amasser le pollen avant la pluie!
b) Déroulement de la tâche
- Les abeilles sont regroupées au centre du champ, tandis que les fleurs sont dispersées à égale distance les unes des autres; les feuilles sont aux quatre coins du gymnase.
- Lorsque le chef maraîcher donne le signal, les abeilles se déplacent rapidement pour aller cueillir le pollen et l’apporter sous les feuilles.
- Une fois le pollen déplacé, le chef maraîcher change les rôles ou bien refait une autre série où les élèves conservent le même rôle.
- Pour cette activité, le chef maraîcher peut contrôler la durée de la cueillette, donc du temps de tension des planches des fleurs et des feuilles en ajoutant ou en retirant des abeilles. Ce sera plus long s’il y a moins d’abeilles et plus rapide s’il y en a plus. Le chef maraîcher doit demeurer conscient que la durée va affecter le développement de la vitesse ou de l’endurance des abeilles. Chez les fleurs et les feuilles (les apprenants), la durée de tension aura un effet sur le degré de fatigue. Il faut donc trouver la durée qui permettra d’atteindre les cibles de développement physique visées, tout en considérant le niveau de forme physique des élèves.
c) Les visées de cette tâche
- Performance : Il s’agit ici d’une performance motrice spécifique à l’exécution de tâches motrices (sprints répétés pour les abeilles et renforcement de la ceinture lombaire et abdominale (contraction isométrique)) et elle ne nécessite pas de compétition. L’intensité de l’effort est sous-maximale pour les abeilles, les fleurs et les feuilles.
- Approche : Pour cette tâche, l’approche peut différer selon le souhait de l’enseignant. Ce dernier peut décider d’utiliser l’une ou l’autre des approches en fonction des objectifs qu’il veut poursuivre.
- Vers le plaisir : Le développement physique peut parfois être ardu. Toutefois, avec ce scénario, les élèves y voient plutôt un jeu, et les paramètres de la tâche sont orientés vers l’atteinte d’un objectif : amasser tout le pollen. Cela est plus plaisant que de maintenir des positions de planche en fixant un chronomètre.
Tâche 5. La paix de l’arbre (retour au calme, développement de l’équilibre)
a) Organisation
Le chef maraîcher laisse les élèves se placer en équipes de deux. Ils devront jouer le rôle d’un arbre et d’un greffeur lors de ce retour au calme orienté vers le développement de l’équilibre. Les élèves devront créer et maintenir différentes postures pour réussir le retour au calme.
Consignes données par le chef maraîcher (personne enseignante) :
Après la pluie vient le beau temps! Pour terminer votre journée de travail dans le champ, vous devez prendre le temps de greffer des feuilles aux arbres fruitiers qui vous entourent en vue de la prochaine récolte. Le greffeur place trois greffons sur l’arbre, et celui-ci doit maintenir sa position durant 15 secondes. L’arbre ne peut avoir qu’un seul pied en appui ou seulement un pied et une main. Vous devez réaliser cinq positions différentes avant de changer de rôle.

b) Déroulement de la tâche
- Les élèves se placent en équipes de deux et déterminent qui jouera le rôle de l’arbre et celui du greffeur.
- Le greffeur et l’arbre se consultent pour déterminer une posture où il y a seulement un pied au sol ou bien un pied et une main.
- Lorsque l’arbre prend position, le greffeur place sur lui les greffons (balles de tennis ou sacs de sable (plus facile)), et l’arbre doit maintenir sa position durant 15 secondes sans que les greffons se déplacent.
- Lorsque l’arbre a réalisé et réussi cinq positions différentes, il y a changement de rôle.
- Il est interdit de placer un greffon sur ou dans les mains.
- Le chef maraîcher peut ajuster la durée du maintien de la position, les appuis, les contraintes et les autres éléments qu’il juge pertinents en fonction du groupe et de son niveau d’habileté et de collaboration.
- Les postures réussies peuvent être comptabilisées si le chef maraîcher trouve pertinent de le faire.
Conclusion
Le plaisir d’accomplir une performance bien présentée par la personne enseignante d’EPS dans un environnement où la compétition est contrôlée peut mener à de nombreux bienfaits. En adoptant une relation différente avec la performance dans leur gymnase et autres environnements d’enseignement, les enseignants peuvent transformer la performance en un levier puissant pour accéder au plaisir. En créant de la compétition entre les classes ou des groupes fictifs, les enseignants donnent la possibilité de performer de manière collaborative vers l’atteinte d’un objectif commun et permettent ainsi aux élèves de nourrir leurs besoins d’appartenance, de compétence et d’autonomie, puisqu’ils ne sont plus comparés à leurs pairs immédiats et qu’ils accomplissent une performance qui contribue à l’objectif collectif.
Éventuellement, les élèves pourront apprendre que la performance et l’effort peuvent être définis sans aspects compétitifs et prendre plaisir à accomplir des efforts menant à l’atteinte d’objectifs personnels liés à la pratique d’activités physiques durant leur vie active. C’est grâce à des réussites et à des échecs liés à la performance que l’élève apprendra à se connaître et à contribuer à son développement personnel. Une fois son parcours scolaire terminé, les réussites liées à l’accomplissement d’une performance qu’il aura lui-même choisie et orientée lui permettront de continuer d’améliorer son sentiment de compétence qui agira sur sa motivation à pratiquer de l’activité physique durant toute sa vie. Alors oui, la performance peut contribuer au plaisir et a bel et bien sa place dans les séances d’enseignement d’éducation physique et à la santé!
Exercice 2
Références
Deci, E. L. et Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227-268.
Famose, J.-P. (1993). La performance motrice : un essai de définition. Dans J.P. Famose (dir.), Cognition et performance (p. 21-42). INSEP Publications.
Johnson, D. W., Maruyama, G., Johnson, R., Nelson, D. et Skon, L. (1981). Effects of cooperative, competitive, and individualistic goal structures on achievement: A meta-analysis. Psychological Bulletin, 89(1), 47.
Kidman, L. et Hanrahan, S. J. (2011). The coaching process: A practical guide to becoming an effective sports coach (3e éd.). Routledge.
Martens, R. (2012). Successful coaching (4e éd.). Human Kinetics.
Ensemble des mouvements et processus cognitifs mobilisés pour accomplir une tâche (Famose, 1993).* Exemple en EPS : une ou un élève court, saute ou lance dans le cadre d’un atelier; se démarque de son adversaire; réalise une passe pertinente.
Résultat perçu, mesuré et évalué par l’élève, la personne enseignante ou les pairs (Famose, 1993).* Exemple en EPS : l’enseignante ou l’enseignant note que l’élève a amélioré son temps de course de 2 secondes par rapport à celui de la semaine précédente. Un pair ou une paire valide que l’élève est capable de maintenir une position de yoga durant 30 secondes. L’élève observe dans son cahier qu’il soulève une charge plus élevée de 10 lb au soulevé de terre.
Produit observable de l’activité motrice, sans qu’il y ait encore d’évaluation (Famose, 1993).* Exemple en EPS : une ou un élève court 100 m en 15 secondes. Une ou un élève réussit 4 passes pertinentes sur 5 lors d’un exercice de basketball. Une ou un élève saute par-dessus 1,55 m au saut en hauteur. Une ou un élève court 1 km en 5 minutes et 14 secondes.
Sous-catégorie de la performance motrice, réalisée dans un cadre compétitif institutionnalisé, impliquant comparaison sociale et inégalité des récompenses (Famose, 1993).* Exemple en EPS : une ou un élève participe à une course de relai chronométrée entre équipes, et le classement final détermine les « vainqueurs ». Les élèves vainqueurs du tournoi de soccer de 4e secondaire obtiennent la récompense de pouvoir choisir l’activité sportive à pratiquer lors du prochain cours.
Performance spécifique à l’exécution d’une tâche motrice (habiletés, efficacité du geste). Elle ne nécessite pas de compétition (Famose, 1993).* Exemple en EPS : améliorer la précision d’un tir au basketball, réussir une roulade avant fluide en gymnastique.
Situation d’accomplissement social devant un évaluateur où la performance est comparée à celle d’autrui ou à un standard reconnu. Implique une interdépendance négative (vainqueur-perdant) (Famose, 1993).* Exemple en EPS: match de volleyball, de soccer, de rugby : la victoire de l’une des équipes dépend de la défaite de l’autre. Compétition d’athlétisme du 100 mètres : les trois coureurs les plus rapides se retrouvent sur le podium.